Pianiste, compositeur, arrangeur et chef d'orchestre, Martial Solal s'est révélé l'un des musiciens français de jazz les plus accomplis, dont la carrière a couvert sept décennies. Né à Alger le 23 août 1927, il étudie le piano dès l'âge de six ans et devient musicien professionnel en 1945. Il joue d'abord en radio comme accompagnateur et s'installe en 1950 à Paris, où il trouve des emplois dans les orchestres de Benny Bennet et Aimé Barelli, avant de mener sa propre carrière. Il enregistre en trio sous le label Swing, accompagne Django Reinhardt, Astor Piazzolla, Kenny Clarke, Lucky Thompson ou Sidney Bechet et se produit au Club Saint-Germain, avant d'être engagé en résidence au Blue Note de Paris. Il enregistre avec un grand orchestre en 1956 et forme un quartette pour lequel il crée une Suite en ré bémol (1958), quand le réalisateur Jean-Pierre Melville lui propose de composer une première musique pour le cinéma avec Deux hommes dans Manhattan. En 1960, ses thèmes pour À bout de souffle de Jean-Luc Godard lui valent la notoriété et une rente assurée. Il enchaîne avec Le Testament d'Orphée de Jean Cocteau, Léon Morin, prêtre de Melville, Échappement libre de Jean Becker et Le Procès d'Orson Welles. Martial Solal établit sa notoriété aux États-Unis, du Festival de Newport en 1963 jusqu'aux clubs de la côte ouest. Les formations en trio ou avec orchestre se succèdent tout au long de la décennie, comme les albums ambitieux Électrode : Martial Solal Joue Michel Magne (1966) et Sans Tambour Ni Trompette (1970). Improvisateur né, il réalise de brillants enregistrements en solo entre des collaborations suivies avec Lee Konitz, Niels Henning Ørsted Pedersen ou Stéphane Grappelli. De même, le compositeur s'aventure sans complexe dans des partitions de jazz ou de musique contemporaine comme le Concerto pour trio de jazz et orchestre (1981), une Fantaisie pour deux orchestres (1984), Nuit Étoilée (1988) ou Échanges (1989). Dans les années 1980 et 1990, il renoue avec les formations en big band dont le Dodecaband ou le Newdecaband, puis anime une émission hebdomadaire à la radio sur France Musique. Il effectue aussi des séjours réguliers aux États-Unis, retrouvant notamment Gary Peacock et Paul Motian pour l'album Just Friends (1997), jouant au Village Vanguard en 2001 et en 2007 ou en tournée. Infatigable, le pianiste continue de se produire et d'enregistrer : My One and Only Love (2018) et Coming Yesterday : Live at Salle Gaveau 2019 - son dernier concert en solo, paru en 2021. Son autobiographie, Mon siècle de jazz, est parue en 2024. Martial Solal décède le 12 décembre 2024 à l'âge de 97 ans.